Communiqué de presse: Le Belge fait confiance à ses « pairs » mais estime que les médias traditionnels restent plus crédibles que les médias sociaux

Persbericht: De Belg vertrouwt vooral zijn « peers » maar acht de traditionele media wel geloofwaardiger dan de sociale media
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ETUDE: A qui peut-on encore se fier?
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Bruxelles, 13 décembre 2017.  Le cabinet-conseil Whyte Corporate Affairs s’est penché sur la crédibilité de divers acteurs en tant que sources d’information en Belgique [1], à travers une étude réalisée auprès de plus de 1.000 personnes [2]. Les résultats révèlent que certains acteurs politico-socio-économiques de premier plan rencontrent actuellement des difficultés à obtenir ou conserver la confiance des citoyens.

  • Les acteurs considérés comme les plus crédibles restent les experts (universités, scientifiques), suivis des « pairs » et des ONG.
  • Les partis politiques, les intercommunales et les parlementaires forment la queue du peloton, avec un taux de crédibilité largement inférieur à 50%.
  • Les médias traditionnels tirent leur épingle du jeu par rapport aux médias sociaux.
  • En 5 ans [3], la plupart des acteurs ont vu leur crédibilité chuter fortement.
La science et la connaissance restent des valeurs sûres en termes de crédibilité aux yeux des citoyens. Les avis d’experts et les études universitaires ou scientifiques sont considérés par les Belges comme des sources d’information crédibles à 82,9%. Mais ces experts sont talonnés par une autre catégorie d’acteurs, celle des personnes « proches ou semblables » (famille, voisins, collègues, amis réels ou virtuels…) ; la crédibilité des « pairs » atteint 76,5%, un score supérieur à celui de toutes le reste des parties prenantes. C’est certainement l’un des enseignements les plus significatifs de cette étude. Dans le trio de tête des acteurs les plus crédibles, figurent aussi les ONG et les associations avec un score de 53,1%, en net recul cependant par rapport aux résultats de 2012.

Les médias « traditionnels » sur un matelas réputationnel

La crédibilité des médias [4], encore dans le trio de tête en 2012, est en net déclin : alors qu’ils affichaient à l’époque un score de 60,2%, ils ont perdu en 5 ans quelque 30% de leur crédibilité (à 41,6%). Le phénomène des « fake news » et la remise en cause des médias par des personnalités de premier plan sont manifestement passés par là. Les résultats sont cependant très différents si l’on affine l’étude en fonction du type de média. En effet, les médias traditionnels s’en sortent tout de même plutôt bien : la radio (69,4%), la presse écrite (58,8%) – qu’il s’agisse des versions papier ou en ligne – et la télévision (55,2%) restent des sources d’information considérées comme crédibles par les Belges. Les médias traditionnels jouissent de ce que l’on appelle un « matelas réputationnel » : leur expertise passée soutient leur réputation d’aujourd’hui et atténue les chocs éventuels. L’effritement des scores entre 2012 et 2017 montre toutefois que cette réserve de crédibilité n’est pas inépuisable.

En revanche, les médias sociaux affichent un recul très important sur les 5 dernières années et des taux de crédibilité nettement plus faibles que ceux des médias classiques. Twitter notamment affiche un score d’à peine 17,5%. Sans doute faut-il voir là un lien avec le rôle de certains réseaux sociaux dans la transmission de fausses informations, ou avec leur large utilisation par des people ou des personnalités controversées.

A noter que les encyclopédies collaboratives (comme Wikipédia) sont jugées hautement crédibles (73,6%) par les répondants, un score à rapprocher du résultat recueilli par les « pairs ».

La proximité renforce la crédibilité

Parmi les autres acteurs politico-socio-économiques, l’étude fait apparaître une chute de crédibilité des syndicats, à 35% alors qu’ils atteignaient encore pratiquement les 50% (49,5%) 5 ans plus tôt. Les organisations patronales et professionnelles subissent le même sort. En revanche, les entreprises (48.9 %) et les administrations (43.5%) conservent un taux de crédibilité honorable en ce qui concerne l’information qu’elles donnent à leurs collaborateurs et aux citoyens.

Quant aux intercommunales, elles atteignent un degré de crédibilité à peine supérieur à 22%, mais certaines affaires très médiatiques ont vraisemblablement impacté la réputation de l’ensemble du secteur.

Du côté des décideurs politiques, si les parlementaires et gouvernements sont jugés respectivement peu et modérément crédibles, on remarque que les communes (43,4%) et les provinces (35,4%) s’en sortent mieux, bénéficiant manifestement d’un effet de proximité qui les rend plus accessibles que les autres niveaux de pouvoir.

A l’exception de la catégorie des experts qui jouit toujours d’une grande confiance, malgré une baisse de crédibilité sur les 5 dernières années, on constate donc que plus l’émetteur d’information donne l’impression d’être éloigné des préoccupations et du quotidien du citoyen, moins celui-ci a tendance à le trouver crédible. L’un des fils rouges des résultats de cette enquête est en effet la distinction que les Belges semblent faire entre le « proche » et le « lointain ».

Emmanuel Goedseels, Partner chez Whyte Corporate Affairs : « Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, les médias traditionnels et les entreprises ont encore de beaux jours devant eux en termes de crédibilité. Loin de l’image simplificatrice de l’entreprise impitoyable et des médias traditionnels agonisants, on constate que ces deux acteurs tirent toujours leur épingle du jeu. Si les médias traditionnels veulent conserver ce niveau de crédibilité, ils devront résister à la tentation de la facilité et de la rapidité. Quant aux entreprises, elles doivent plus que jamais se montrer présentes et proactives dans leur communication, de manière à capitaliser sur la crédibilité dont elles bénéficient. »

Les partis politiques : chute de crédibilité du côté francophone, relative stabilité en Flandre

L’étude s’est également penchée sur la crédibilité des acteurs politiques [5]. D’une manière générale, les partis politiques ne sont pas jugés très crédibles par les Belges puisqu’ils terminent bons derniers du classement général : globalement, leur crédibilité stagne à 10,6%, et pris individuellement, aucun d’entre eux ne recueille un score supérieur à 35%.

Du côté francophone, Ecolo reste le parti jugé le plus crédible (27,9%) mais pour certaines autres formations, particulièrement sous les feux de l’actualité ces derniers mois, la chute est spectaculaire : le cdH est tombé à 9,8% (29,7% en 2012 et le PS n’est plus qu’à 10,8% de crédibilité (contre 29,4% en 2012). En revanche, deux partis enregistrent des gains de crédibilité : DéFI (à 27%) et le PTB (à 21,8%).

Du côté néerlandophone, la crédibilité des partis politiques est largement supérieure à ce qu’elle est dans le sud du pays. La N-VA est le parti considéré comme le plus crédible avec un score de 33,9%, suivie par Groen (30,3%). Phénomène à souligner : tous les autres partis, CD&V, PvdA, Open VLD, SP.a… voient leur taux de crédibilité se maintenir, voire quelque peu progresser, par rapport à la situation d’il y a 5 ans.

Selon Joris Bulteel, Partner chez Whyte Corporate Affairs : « Si les partis politiques souffrent tous d’un manque de crédibilité, les récents événements en Wallonie pénalisent surtout les partis francophones historiques. En Flandre, la relative stabilité politique de ces dernières années (période sans élections et partenaires de coalition identiques aux niveaux fédéral et régional), cumulée à une culture « de débat » au sein des gouvernements fédéral et flamand, ont sans doute permis à la plupart des partis de se positionner et d’affirmer plus clairement leurs différences. »

Au vu de ces résultats, tant en Flandre qu’en Wallonie ou à Bruxelles, on peut en tout cas estimer que les citoyens sont davantage enclins à juger crédibles des partis qui ont des objectifs aisément identifiables ou un positionnement clair sur l’échiquier politique.

A propos de cette étude

Cette étude repose sur un sondage réalisé à la demande de Whyte Corporate Affairs par l’institut GfK auprès d’un échantillon représentatif de 1.029 Belges (576 néerlandophones et 453 francophones) âgés de 18 à 75 ans, répartis selon les quotas habituels de genre, âge, Région et classe sociale. Le sondage s’est déroulé en ligne, selon la méthode CAWI (Computer Aided Web Interviewing), entre le 27 octobre et le 6 novembre 2017. La marge d’erreur maximale est de +/- 3 %.

Des tableaux illustratifs tirés de l’étude figurent en annexe.

Les résultats complets de l’étude, sont disponibles sur demande.  Elle porte non seulement sur la crédibilité des acteurs politico-socio-économiques belges mais également sur la façon dont ils défendent les intérêts des citoyens et sur le sentiment des Belges d’être ou non correctement informés.

 

[1] « Selon vous, quelle est la crédibilité des sources d’information suivantes en Belgique ? Autrement dit, dans quelle mesure les acteurs suivants ont-ils tendance à dire la vérité ? »
[2] Etude réalisée à la demande de Whyte Corporate Affairs en novembre 2017 par l’institut GfK auprès d’un échantillon représentatif de 1.029 Belges (576 néerlandophones et 453 francophones). Marge d’erreur maximale de +/- 3 %. Voir également tableaux illustratifs en annexe.
[3] Etude similaire réalisée à la demande de Whyte Corporate Affairs par l’Institut GfK en septembre 2012​.
[4] « Selon vous, quelle est la crédibilité des canaux médiatiques suivants en Belgique ? Autrement dit, dans quelle mesure les médias suivants ont-ils tendance à dire la vérité ? »
[5] « Selon vous, quelle est la crédibilité des partis et mouvements suivants en Belgique ? Autrement dit, dans quelle mesure les partis et mouvements suivants ont-ils tendance à dire la vérité ? »

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