Whyte Paper 11/06/09

Whyte Paper 26/05/09
May 26, 2009
Whyte Opinion – L’Echo February 2010
February 10, 2010

An analysis of the results and broader impact of the regional and European elections in Belgium

Élections régionales & européennes du 7 juin 2009: analyse & perspectives

  • Les résultats des élections se révèlent très différents en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie
  • Les partis Ecolo et N-VA enregistrent une grande victoire
  • Le CD&V renforce sa position de leader absolu en Flandre
  • Le PS se maintient beaucoup mieux que prévu et reste le premier parti wallon
  • Le MR est bien loin des scores qu’il avait obtenus en 2007 mais prend la première place à Bruxelles
  • Les possibilités de coalition très divergentes mèneront inévitablement à de longues formations gouvernementales
  • Les nouveaux équilibres politiques et formations de gouvernements régionaux peuvent mettre le gouvernement fédéral sous pression; un réagencement de ‘Van Rompuy I’ n’est pas à exclure
  • Points d’attention importants pour le monde des entreprises

1. Introduction

Les élections régionales de 2009 ont eu lieu deux ans après les élections fédérales de 2007, qui ont mené à une crise politique et une instabilité sans précédent. De ce fait, les élections régionales se sont révélées pertinentes à un double niveau, qui dépasse de loin le niveau régional :

  • L’impact électoral de ces deux dernières années d’instabilité politique sur les partis politiques était très attendu (bien plus qu’une évaluation de cinq années de travail gouvernemental au niveau régional)
  • Les résultats des élections régionales pourraient avoir un impact sur le gouvernement fédéral et le régime politique belge

La question est donc la suivante : quelle direction politique (gauche, droite,…) ressortira de ces élections régionales et est-ce que celles-ci apporteront un peu plus de stabilité politique ? Les résultats des élections n’ont pas apporté de réponse univoque à cette question. Etant donné les fortes différences entre les résultats de ces élections, il est possible que des coalitions très différentes se créent dans les différents états fédérés. En outre, des coalitions divergentes risquent de mettre de nouveau le gouvernement fédéral sous pression. Dans le système politique belge, les gouvernements sont formés au moyen de coalitions, qui forment une majorité et parviennent à un accord sur un programme gouvernemental. Trois facteurs déterminent la formation des gouvernements régionaux :

  • Les résultats des élections, qui se traduisent par un certain nombre de sièges par parti: quelles combinaisons mathématiques permettent de former des majorités ?
  • Les programmes et idéologies de partis respectifs : quelles partis peuvent atteindre un compromis de fond sur un accord gouvernemental commun ?
  • Le lien inévitable entre le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux : peuvent-ils coexister ?

Les élections sont maintenant passées mais, compte tenu de la combinaison des facteurs susmentionnés, le véritable travail doit encore commencer… et cela pose de nombreuses questions et incertitudes. Dans ce ‘Whyte paper’, nous dressons un aperçu des résultats les plus importants des élections et proposons une analyse du nouveau paysage politique, des scénarios possibles quant aux formations des coalitions, du lien entre le niveau régional et fédéral, et de l’impact de ces élections sur la politique belge et – last but not least – sur le monde des entreprises. Nous clôturons ce ‘paper’ avec quelques points d’attention et opportunités en matière d’affaires publiques et de lobbying.

2. Résultats et principales tendances des élections 2009
(1) Flandre

Les anciens partenaires du cartel CD&V (chrétiens-démocrates flamands) et de la N-VA nationaliste flamande sont les grands gagnants des élections régionales : le CD&V atteint facilement les quelque 22.90% (ce qui se traduit par un gain de 2 sièges) et se dessine comme le plus grand parti de Flandre.

La N-VA atteint 13.10%, gagne 11 sièges et fait d’un coup son entrée parmi les partis de taille moyenne en Flandre. Lors des élections flamandes de 2004, le cartel CD&V – N-VA a connu une victoire électorale avec 28.10% des voix ; leur score commun poursuit donc son ascension avec un gain de 7.9% des points. La N-VA se retrouve entre les partis traditionnels SP.A (socialistes flamands) et l’Open VLD (libéraux flamands), qui atteignent respectivement environ 15.30% (équivalent à 19 sièges) et 15% (équivalent à 21 sièges). Avec ces résultats, les deux partis obtiennent un résultat historiquement mauvais : ils doivent tous les deux rendre des sièges (le SP.A perd 3 sièges et l’Open VLD en perd 4). Pour le SP.A, les résultats sont cependant meilleurs que ceux prévus par les analystes et craints par le top du parti.

Par contre, la forte chute de l’Open VLD est plus importante que prévue et est l’une des surprises des résultats de ces élections, ce qui renforce encore la perte subie par les libéraux. Le président le l’Open VLD Bart Somers a réagi directement en démissionnant. Pour la première fois, la Liste Dedecker de droite libérale a participé aux élections régionales et a directement atteint les 7.60%, ce qui lui a permis de gagner 8 sièges.

Les résultats de la Liste Dedecker n’ont toutefois pas donné raison aux prévisions (d’après les sondages) et n’ont pas non plus rencontré les ambitions du parti (c’est-à-dire atteindre les 10%). La Liste Dedecker devient dès lors moins ‘incontournable’ que ce qui était craint au préalable, et toute participation au gouvernement est évidemment exclue. Avec environ 6% (7 sièges), les écologistes flamands ‘Groen !’ restent au statut quo et ne réalisent pas leur objectif d’atteindre 10% des voix.

Ces résultats contrastent nettement avec l’éclatante victoire électorale d’Ecolo en Belgique francophone. ‘Groen !’ a rapidement fait savoir qu’il optait pour un rôle d’opposition. Même si tous les scénarios restent envisageables, il semble peu probable que les Verts flamands veuillent prendre le risque de participer au gouvernement. Il y a quelques années, après leur première participation gouvernementale, ils ont été sévèrement sanctionnés par l’électorat.

Le parti d’extrême droite Vlaams Belang, qui, par le biais du ‘cordon saniatire’, se trouve dans un rôle d’opposition permanente, prend un sale coup et chute de 23.20% à 15.30% (ce qui correspond à une perte de 8 sièges). Graphique: Distribution des sièges au Parlement flamand (‘2004’ = partage des sièges à la fin de législature)

(2) Région wallonne

Après un combat acharné entre le PS et le MR pour prendre en main le leadership de la Wallonie, les Verts d’Ecolo sont les grands vainqueurs de ces élections. Ils font plus que doubler leur représentation aux Parlements de la Communauté Française et de la Région wallonne. Même s’ils n’atteignent pas les sommets annoncés, leur victoire est incontestable. Avec une augmentation de 10%, les Verts totalisent encore plus de voix (0.34%) que lors de leur victoire historique de 1999. Ecolo gagne 11 sièges au Parlement wallon et dispose au total de 14 sièges.

Le PS (socialistes francophones) est le grand perdant de ce scrutin, mais a su toutefois limiter les dégâts, avec une diminution entre 3 et 4%, alors que, selon les endroits, on s’attendait à une chute de quelque 10%.

Au Parlement wallon, le PS perd cinq sièges (passant de 34 à 29). La grande surprise est que malgré son recul, le PS redevient le plus grand parti en Wallonie (une position qu’il avait perdu en 2007).

Le MR (libéraux francophones) perd un siège au Parlement (passant de 20 à 19) et ne réalise donc pas ses attentes. Le parti échoue avec 23% des voix. Malgré la perte d’un siège au Parlement wallon (passant de 14 à 13), le cdH se stabilise (avec environ 16% des voix). On remarquera aussi la disparition totale de l’extrême droite en Wallonie. Graphique: Distribution des sièges au Parlement de la Communauté française

(3) Bruxelles

Partis francophones

A Bruxelles aussi, les libéraux flamands (MR) perdent des voix : au Parlement bruxellois, ils doivent céder un siège (passant de 25 à 24). Au total, ils perdent environ 3% des voix bruxelloises. Avec une perte de cinq sièges au Parlement bruxellois, les socialistes francophones (PS) chutent à la deuxième place. Par contre, Ecolo enregistre une forte progression avec 20.2% des voix, ce qui signifie une augmentation d’environ 10% des points, et équivaut à 16 sièges au Parlement. Dans la

Région de Bruxelles Capitale, les chrétiens démocrates (cdH) connaissent une légère augmentation du nombre de voix et gagnent un siège.

Partis flamands

Comme du côté francophone, les libéraux sont le plus grand parti flamand à Bruxelles. Cela contraste nettement avec les résultats des élections de l’Open VLD en Flandre. Au Parlement de la Région de Bruxelles Capitale, tant l’Open VLD que le CD&V connaissent un statut quo du nombre de leurs sièges (les deux partis conservent respectivement 4 et 3 sièges). ‘Groen !’ et le SP.A gagnent tous les deux un siège. Pour la première fois, la N-VA progresse sur la scène politique avec un siège. Ce gain de siège se fait au détriment du Vlaams Belang, qui chute fortement. Graphique: Distribution des sièges au Parlement de la région de Bruxelles-Capital.

(4) Elections européennes

A cause des élections régionales et du lien important avec la politique fédérale, le débat européen a pris peu de place et la campagne européenne n’est pas ressortie. En outre, contrairement aux élections fédérales ou régionales, les élections européennes fonctionnent avec une liste électorale pour l’entièreté d’une région linguistique donnée. De ce fait, les élections européennes sont souvent utilisées comme ‘sondage de popularité nationale’ pour les personnalités politiques de poids.

Partis flamands

Du côté flamand, les élections européennes étaient surtout placées sous le signe de l’épreuve de force entre les anciens Premiers Ministres Jean-Luc Dehaene (CD&V) et Guy Verhofstadt (Open VLD).

Les deux anciens leaders du gouvernement ont toutefois évité une lutte interne et ont tenu en grande partie le même discours pro-européen. Guy Verhofstadt a obtenu plus de voix de préférence que Jean-Luc Dehaene et a fait en sorte que son parti réalise un bon résultat.

Tant le CD&V que l’Open VLD maintiennent leurs trois sièges. Le SP.A et le Vlaams Belang perdent chacun un siège (passant de 3 à 2) ; la Liste Dedecker gagne un siège de justesse. ‘Groen!’ et la N-VA restent présents au Parlement européen avec un siège. Partis francophones Les résultats des partis francophones aux élections européennes reflètent globalement les résultats des élections régionales. Concrètement, les partis francophones ont 8 sièges à se partager sur les 22 alloués à la Belgique au Parlement européen. Comme au niveau régional, Ecolo obtient également de bons résultats au niveau européen : le parti gagne un siège et dispose maintenant de deux sièges au

Parlement européen.

Tant le PS que le MR ont perdu un siège : le PS en obtient trois et le MR, deux. Le cdH reste au statut quo avec un siège.

Graphique: Distribution des sièges des Eurodéputés belges (‘2004’ = partage des sièges à la fin de législature)

3. Scénarios potentiels des futures coalitions régionales

Au niveau régional, aucun formateur n’est désigné par le Roi. En principe, il revient au plus grand parti de prendre l’initiative et de mener les négociations pour la formation d’un gouvernement.

(1) Flandre

Scénarios pour la formation du gouvernement

Au vu de la victoire électorale du CD&V, l’initiative pour la formation du gouvernement revient aux chrétiens-démocrates. Le Ministre-Président démissionnaire Kris Peeters, qui a également enregistré un beau score personnel, va mener les discussions en vue de former une coalition et sera très certainement de nouveau nommé Ministre-Président. Quatre scénarios (mathématiques et réalistes sur le plan politique) sont possibles pour composer la nouvelle coalition flamande:

  • Dans deux des trois scénarios, le tandem CD&V – N-VA est restauré afin de former une majorité avec les libéraux (Open VLD) et les socialistes (SP.A). Les deux partis se montrent peu enthousiastes à l’idée d’une nouvelle participation au gouvernement, mais ils ne l’ont pas non plus exclue.
  • Dans un troisième scénario, à propos duquel il y a eu de fortes spéculations avant les élections, les trois partis classiques (CD&V, Open VLD et SP.A) répéteraient la composition de l’ancien gouvernement flamand.
  • Dans une quatrième variante, les quatre partis susmentionnés pourraient également former une coalition ensemble, mais cette possibilité paraît peu réaliste à cause de l’importante complexité d’une telle formation gouvernementale. De plus, dans pareille construction, la N-VA, l’Open VLD et le SP.A font figure de partenaires ‘dont on peut se passer’, ce qui peut mener à une certaine instabilité.

Qui ne sera de toute façon pas au pouvoir?

Du fait que la Liste Dedecker obtient un moins bon résultat que prévu, le parti devient moins ‘incontournable’ que ce qui était prévu d’avance, et toute participation est gouvernement est évidemment exclue. ‘Groen!’ a rapidement fait savoir qu’il optait de nouveau pour un rôle d’opposition. Même si tous les scénarios restent envisageables, il semble peu probable que les Verts flamands veuillent prendre le risque de participer au gouvernement. Il y a quelques années, après leur première participation gouvernementale, ils ont été sévèrement sanctionnés par l’électorat. De par l’existence du ‘cordon sanitaire’, le Vlaams Belang reste exclu du pouvoir. L’importante perte de voix place également le Vlaams Belang en faible position.

Une formation de front de droite, en collaboration avec la Liste Dedecker, n’est pas envisageable du fait du moins bon résultat qu’annoncé des deux partis. La N-VA n’a jamais montré d’intérêt à collaborer avec une telle ‘forza flandria’; de plus, d’autres opportunités se présentent pour la N-VA, grâce à une forte position de négociation à l’égard des autres partis classiques. Pourquoi les discussions sur les coalitions seront-elles difficiles ?

Les discussions sur les coalitions s’annoncent particulièrement difficiles pour diverses raisons :

  • Dans chacun de ces scénarios, un ou deux des partis qui enregistrent une défaite importante (le SP.A et l’Open VLD), participeront quand même au gouvernement. La participation au gouvernement des partis perdants se paie toujours très cher.
  • Malgré son résultat particulièrement important, il est peu probable que la N-VA souhaite participer à tout prix au gouvernement. Les exigences de la N-VA en matière d’‘utilisation optimale des compétences flamandes’ et de réforme de l’Etat sont particulièrement complexes à réaliser, en opposition totale avec l’agenda politique de la Belgique francophone, et mettra sous forte pression le gouvernement fédéral, qui est aussi dirigé par le CD&V. Des questions se posent également quant à la fiabilité de la N-VA en tant que partenaire de gouvernement, ce qui pourrait mener à une certaine instabilité au sein du gouvernement.
  • D’un autre côté, il est difficile pour le CD&V de ne pas reprendre la N-VA dans le gouvernement. Une première raison étant la victoire électorale particulièrement importante de la N-VA, qui ne permet pas facilement de nier ce parti. Ensuite, il y a la relation particulière avec la N-VA en tant qu’ancien partenaire de cartel ; le cartel est encore présent dans la mémoire, et si le CD&V ne devait pas gouverner avec la N-VA, cela porterait atteinte à la crédibilité du CD&V.
  • D’un point de vue idéologique, l’Open VLD est évidemment le parti le plus proche du tandem CD&V – N-VA, mais il fait actuellement face à un problème de leadership politique : le Président de parti Bart Somers a démissionné et le candidat Ministre-Président Dirk Van Mechelen n’a pas obtenu de bons résultats. Au sein du parti, les voix s’élèvent pour une cure d’opposition : la concurrence libérale de droite de la Liste Dedecker va mener une forte opposition à l’encontre de l’Open VLD, et le parti pourra sans nul doute mieux renaître et se reconstruire depuis l’opposition.
  • Un gouvernement flamand avec le SP.A mais sans l’Open VLD signifie un double écart par rapport au gouvernement fédéral auquel participe l’Open VLD mais pas le SP.A.

(2) Région wallonne

Scénarios pour la formation du gouvernement

Face aux résultats des ces élections, plusieurs combinaisons sont envisageables. D’une part, il est clair que ce sont les convergences entre programmes et les relations personnelles qui vont déterminer les futures alliances. D’autre part, l’impact que cela peut avoir sur le gouvernement fédéral et la cohésion entre les trois communautés rentre en ligne de compte.

Il est pratiquement certain que la majorité sera constituée de trois partis en Wallonie (et en Communauté française). Maintenant, il faut voir si cette majorité penchera plutôt à gauche (l’Olivier qui rassemble le PS, Ecolo et le cdH) ou à droite (la Jamaïcaine composée du MR, d’Ecolo et du chH). C’est donc en principe au PS en Wallonie de “prendre la main” et de contacter ses futurs partenaires. On sent bien, d’après les premières déclarations, que la tentation des socialistes est de constituer, rapidement, une majorité dite “progressiste” constituée du cartel PS-Ecolo et éventuellement du cdH. Cependant, dans la pratique, ce n’est pas tout à fait le cas. Il faut savoir qu’à la Région et à la Communauté, le PS et le cdH ont appris, ces cinq dernières années, à se respecter et on peut donc penser qu’une volonté tacite existerait entre Elio Di Rupo et Joëlle Milquet pour poursuivre ensemble leur expérience wallonne. Ainsi, face aux deux grands partis, Ecolo et cdH ont décidé de s’accorder sur une stratégie commune.

De cette manière, ils ont en quelque sorte volé au PS et au MR l’honneur d’entamer les négociations. Car ce sont ces deux petits partis qui détermineront le troisième partenaire gouvernemental : le PS ou le MR. Agir ensemble est également une façon pour eux d’éviter d’apparaître ‘collé’ à l’un des deux grands partis. Les rapports de force dans la future négociation seront ainsi plus équilibrés car à deux, ils disposeront de 27 sièges contre 29 au PS et 20 au MR.

Pourquoi les discussions sur les coalitions seront-elles difficiles ? A l’heure actuelle et bien que le MR soit prêt à faire de nombreuses concessions pour être dans la majorité à Bruxelles, il semble logique que les Ecolos et le cdH soient tentés de constituer une majorité dite ‘Olivier’ avec le PS à tous les niveaux de pouvoir. Le choix de l’Olivier mettrait néanmoins Ecolo face à un terrible dilemme. En effet, beaucoup d’électeurs ont voté Ecolo dans l’espoir qu’il réalise une alliance avec le MR et le cdH afin de constituer une Jamaïcaine. Si les Ecolos ont en partie progressé, c’est grâce aux votes anti-PS. Le MR et Ecolo ont été en partie le réceptacle des suffrages anti-PS. Selon un sondage pré-électoral de L’Echo, l’alliance future préférée des électeurs francophones aurait été une coalition entre le MR et Ecolo ou une Jamaïcaine.

Toutes les coalitions comprenant le PS arrivent en queue de peloton. Les électeurs Ecolos ne seront donc pas ravis s’ils voient les Verts ramener le PS à la Région wallonne. Si tel est le cas, il est fort probable que les autres partis exigent du PS de mettre en place des organes de contrôle en matière de bonne gouvernance. Par contre, d’autres électeurs ont également choisi Ecolo pour sanctionner le PS mais tout en espérant quand même que les Verts constituent une majorité à gauche. C’est toute cette ambiguïté qui rend le travail difficile au parti Ecolo. Pour qu’un éventuel ralliement au PS soit accepté par la base, les Ecolos vont devoir forcer le PS à un véritable changement dans son mode de gouvernance.

Ainsi, par exemple, les écologistes plaident pour un décumul total entre fonction de parlementaire et bourgmestre/échevin et, par ailleurs, souhaitent une suppression des Provinces. Les autres partis ne sont pas sur la même longueur d’onde. Ecolo va donc devoir se battre pour maintenir ses exigences tout en sachant que des compromis seront nécessaires. Les négociations entre partis risquent de prendre du temps. Sans oublier qu’une fois les coalitions fixées sur leur programme, un élément de difficulté sera la création des différents portefeuilles ministériels.

(3) Bruxelles

Dans la Région de Bruxelles-Capitale, les libéraux, premier parti à Bruxelles, vont évidemment tenter de lancer des négociations autour de leur chef de file, Armand De Decker. Mais les autres partis auront-ils envie de répondre à leur invitation?

Le PS, quant à lui, est en recul à Bruxelles. Cependant, étant donné son statut de premier parti en Communauté française, il est autorisé à tenter de constituer des majorités symétriques ; c’est-à-dire l’Olivier partout. La véritable question sera donc de savoir si le trio “progressiste” constitué des socialistes, des humanistes et des écologistes aura le souhait de poursuivre avec cette même coalition à Bruxelles alors que, par ailleurs, les libéraux sont redevenus le premier parti à Bruxelles.

Du côté flamand, Guy Vanhengel de l’Open VLD est la figure incontournable. Il faut toutefois plus de deux partis pour arriver à une majorité. Des formules combinant trois partis, seule la coalition de centre-droit alliant l’Open VLD, le CD&V et la N-VA (ensemble, 8 sièges) est mathématiquement irréalisable. La coalition sortante (Open VLD, SP.A et CD&V) pourrait être reconduite (11 sièges; +1).

En outre, les autres formules suivantes sont envisageables : Open VLD/SP.A/Groen ! ; Open VLD/CD&V/Groen ! ; de même qu’un “Olivier flamand” (CD&V/SP.A/Groen !). Un facteur important à prendre en considération est que, dans le contexte bruxellois, le SP.A et Groen ! entretiennent des relations politiques bien meilleures qu’en Flandre.

4. Impact plus large sur le gouvernement fédéral et la politique belge

Les résultats des élections fédérales de 2007 ont suscité d’importantes tensions entre les flamands et les francophones sur la question d’une nouvelle réforme de l’Etat belge. Ces deux dernières années, la politique belge a été marquée par une grande instabilité avec déjà trois gouvernements différents (le gouvernement intérimaire Verhofstadt III, le gouvernement Leterme qui, après quelques mois, a du démissionner, et le gouvernement Van Rompuy qui est ensuite apparu comme solution d’urgence). L’impact électoral de cette situation politique au niveau régional était très attendu. La question inverse se pose également: quel est l’impact des élections régionales sur le niveau fédéral et, par extension, sur la politique belge générale ?

L’importance de la ‘particratie’ et des ‘package deals’ belges

Pour bien comprendre la dynamique politique, il faut connaître deux caractéristiques fondamentales de la politique belge :

  •  Particratie. Les partis politiques sont puissants et jouent un rôle important. Les partis sont organisés par domaine linguistique (partis respectivement flamands et francophones qui sont actifs aux différents niveaux de pouvoir) et il n’existe pas de partis fédéraux, qui englobent les différents domaines linguistiques (comme c’est souvent le cas dans d’autres pays fédérés). Ces partis suivent une stratégie intégrée, dans laquelle les activités et l’approche aux différents niveaux de pouvoir sont liées. Dans un petit pays fédéral comme la Belgique, de nombreux partis sont réticents à l’idée de combiner un rôle de coalition à un niveau et un rôle d’opposition à un autre niveau, à cause de la confusion que cela crée dans le chef des électeurs. Participer au gouvernement à un niveau ne permet pas facilement de mener une opposition claire à un autre niveau. Un exemple : si le MR devait être exclu de la participation au gouvernement régional, cela pourrait compliquer sa participation au gouvernement fédéral. Les libéraux flamands de l’Open VLD associent une participation gouvernementale à une autre.
  •  Package deals. La politique belge est basée sur un modèle consensuel, à cause de la nécessité de réaliser des compromis (i) entre les différentes familles politiques (gouvernements de coalition), (ii) entre les différentes régions et communautés linguistiques, et (iii) entre les décisionnaires politiques et les instances intermédiaires (société civile) qui jouent un rôle important. Parce que trouver des compromis n’est généralement pas facile mais pourtant nécessaire, différents dossiers sont souvent associés de manière à trouver un accord sur un ‘package’ total. De ce fait, des dossiers, des terrains politiques et même des niveaux de pouvoir, qui à priori n’ont rien à voir les uns avec les autres, sont souvent associés les uns aux autres. Cela explique aussi pourquoi la formation de la coalition régionale peut avoir un impact très important sur le gouvernement fédéral.

Il est important de bien connaître le fonctionnement des partis et l’importance du ‘package deal’ pour comprendre l’interaction entre les différents dossiers et niveaux de pouvoir. Ces deux caractéristiques fondamentales de la politique belge expliquent la pertinence et l’impact de ces élections. Pression possible sur le gouvernement fédéral La composition du gouvernement fédéral actuel est asymétrique. Du côté flamand et francophone, tant les chrétiens démocrates (CD&V et chH) que les libéraux (Open VLD et MR) participent à la coalition ; dans la famille socialiste, seul le PS francophone participe au gouvernement ; les socialistes flamands (SP.A) se trouvent dans l’opposition au niveau fédéral. La combinaison de (i) la composition du gouvernement fédéral actuel et (ii) des résultats des élections régionales, conduira probablement aux problèmes suivants :

  • Si Ecolo et le cdH gouvernent en Wallonie, avec ou bien le MR, ou bien le PS, cela signifie que l’un de ces deux partis peut également remettre en question sa participation au gouvernement fédéral.
  • Une coalition flamande du CD&V, de la N-VA et du SP.A, sans l’Open VLD, va à l’encontre du gouvernement fédéral dans lequel l’Open VLD est représenté mais pas le SP.A.
  • Une participation gouvernementale de la N-VA au niveau flamand mettra de nouveau les exigences communautaires à l’agenda, ce qui ne correspond pas du tout aux priorités des partis francophones et qui mettra sans nul doute de nouveau le gouvernement fédéral sous pression. Cela forcera en outre l’ancien partenaire de cartel CD&V à adopter une position particulièrement délicate. D’une part, le CD&V, qui, avec le Premier Ministre Van Rompuy, est à la tête du gouvernement fédéral, devra essayer de maintenir l’équilibre fragile entre les francophones et les flamands. D’autre part, dans une coalition flamande avec la N-VA, le CD&V serait forcé d’adopter une position communautaire plus forte. Il deviendra donc vraiment difficile pour le CD&V de combiner ses responsabilités politiques aux niveaux flamand et fédéral.

Les prochaines élections fédérales auront normalement lieu en 2011 mais les spéculations sur une nouvelle chute du gouvernement et des élections fédérales anticipées vont bon train.
Pression sur l’appareil politique Les mois prochains s’annoncent cruciaux pour le régime politique fédéral belge (relativement jeune).

L’appareil politique sera mis sous une pression croissante de par la combinaison :

  • D’importants défis politiques (suite à la crise économique)
  • De peu de marge budgétaire : un déficit budgétaire s’annonce et des choix difficiles devront être faits
  • De la réforme de l’Etat qui sera de nouveau mise à l’agenda, et pour laquelle aucun accord n’a pu être trouvé ces deux dernières années
  • De coalitions probablement très divergentes dans les différentes parties du pays, qui peuvent apporter une réponse sensiblement distincte aux choix politiques susmentionnés.
  • Primeur: instabilité politique au niveau régional Le niveau fédéral n’a pas seulement été le théâtre des tensions politiques les plus importantes ces deux dernières années ; cela était également le cas précédemment, à cause de la convergence des facteurs suivants :
  • Différences linguistiques et culturelles trop divergentes pour être conciliables
  • Défis budgétaires les plus importants
  • Choix politiques les plus difficiles (par ex : sécurité sociale et vieillissement)
  • Réformes de l’Etat réglées au niveau fédéral

A l’inverse, les Régions et Communautés ont traditionnellement eu une position politique plus ‘confortable’ du fait de :

  • Davantage de marge budgétaire
  • L’absence de différences linguistiques ou culturelles
  • Thèmes politiques moins délicats

Dès lors, les coalitions régionales se sont caractérisées par une grande stabilité et par un parfait consensus en matière politique. Pour la première fois, la législature au niveau régional s’annonce difficile à cause :

  • De problèmes budgétaires et de la nécessité de réaliser des économies
  • De la crise économique et des évolutions démographiques qui compliquent nécessairement les choix politiques
  • De coalitions plus divergentes et par conséquent, de choix politiques différents (de gauche en Wallonie, de droite en Flandre)
  • De la possible nécessité de régler la Réforme de l’Etat dans le cadre d’un ‘dialogue de Régions et Communautés’
  • De nouvelles élections fédérales en moins de deux ans: la campagne a déjà commencé et tout est placé sous le signe de ‘2011’ ; en outre, il est possible que le gouvernement fédéral tombe et que des élections anticipées soient annoncées
  • Du fait que du côté flamand, la N-VA plaide pour une ‘utilisation maximale des compétences propres’, ce qui peut conduire à des questions institutionnelles et aux tensions politiques associées.

Impact sur le ‘personnel politique’

Les importants glissements électoraux ont un impact non négligeable sur le ‘personnel politique’. En ce qui concerne les Parlements, il faut prendre en considération une double tendance:

  • Avec l’arrivée des plus petits partis vainqueurs (comme Ecolo, la N-VA et la Liste Dedecker), un important groupe de nouveaux venus fait soudainement son entrée au Parlement. S’ils disposent de moins d’expérience et de continuité, ils représentent aussi une grande chance de changement. Pour ces partis, le défi majeur sera de reproduire leur victoire dans les prochaines années et d’éviter une sanction électorale.
  • Au sein des partis traditionnels et perdants (comme l’Open VLD ou le PS), ce sont surtout les leaders traditionnels, qui se trouvent en tête de liste, qui retournent au Parlement. La nouvelle génération est moins visible, ce qui pourrait conduire à terme à des problèmes de suivi et à un futur affaiblissement électoral chez ces partis politiques classiques.

En ce qui concerne le gouvernement, il faut tenir compte des éléments suivants:

  • Les plus petits partis vainqueurs disposent de moins d’expérience politique et la question est surtout de savoir qui est capable de gérer quel portefeuille ministériel.
  • Les partis vainqueurs ne disposent pas d’une équipe de collaborateurs bien formés ce qui pourrait créer des problèmes lors de la composition des cabinets ministériels qui remplissent un rôle particulièrement important dans la préparation politique et le processus décisionnel politique. Les partis traditionnels disposent ici d’un important ‘avantage concurrentiel’ qui peut mieux mettre en évidence leur travail gouvernemental. Depuis longtemps, on plaide pour la suppression progressive (ou même définitive) des cabinets ministériels, mais cela ne semble pas encore être pour demain.

Des opinions publiques divergentes

Enfin, il est important de comprendre que la pertinence des résultats de ces élections va plus loin que l’arène politique elle-même. Les résultats très divergents des élections en Flandre et en Belgique francophone illustrent la manière dont les opinions publiques respectives s’éloignent toujours plus les unes des autres. Cela joue un rôle au niveau politique, mais a également un impact social plus large. Si les résultats des élections se reflètent dans des coalitions très divergentes, un ‘agenda publique’ très différent risque en plus de voir le jour, ce qui ne fera que renforcer le développement des opinions publiques.

5. Impact sur le monde des entreprises

Premières réactions des organisations patronales

Un sondage réalisé par iVox et L’Echo entre le 2 et le 4 juin auprès de 250 entrepreneurs francophones a montré que 13% d’entre eux sont favorables à une coalition MR-cdH-Ecolo, et 15%, à un tandem MR-cdH. Le tandem MR-Ecolo est plébiscité par 27% des entrepreneurs interrogés en tant que coalition la plus souhaitée. Un sondage similaire n’existe malheureusement pas du côté flamand. La FEB est satisfaite de l’importante victoire d’Ecolo, dans la mesure où ces derniers mois, la fédération a évolué vers davantage d’initiatives vertes. L’organisation patronale est par contre plus critique à l’égard de Groen !.

Dans un article de L’Echo, Rudi Thomaes précise que de nombreuses mesures proposées par Groen ! ne sont pas directement réalisables. Tant les patrons francophones que flamands déclarent attendre des futurs gouvernements régionaux qu’ils prennent des mesures fortes pour stimuler l’avenir économique. Mais comme pour les résultats des élections, l’accent est mis sur des thèmes différents. Les patrons wallons demandent au nouveau gouvernement qu’il poursuive le Plan Marshall, là où les patrons flamands prônent la réalisation de mesures et projets concrets pour relancer l’activité économique. Dans une interview donnée à L’Echo le 9 juin 2009, Eric Domb (UWE) déclare que selon lui, l’accent doit être mis sur l’enseignement et le Plan Marshall. «

L’enseignement était placé dans les toutes premières priorités de tous les partis, ça nous donne de l’espoir », précise-t-il. En ce qui concerne le Plan Marshall, les entrepreneurs wallons demandent de ne pas casser ce qui existe déjà et qui va dans le bon sens, mais bien de poursuivre la réalisation de cette initiative. Luc Debruyckere (VOKA) indique également dans une interview accordée à L’Echo être « convaincu que l’électorat flamand a voté en faveur de l’activité économique ». Debruyckere estime qu’il est temps pour la Flandre de concrétiser dans des actions et des réalisations les plans élaborés pour assurer son développement économique, tels que le Plan Marshall en Wallonie.

Debruyckere précise qu’il est important d’associer tous les acteurs concernés : entrepreneurs, politiques, syndicats et enseignants. Enfin, les entrepreneurs flamands demandent au futur gouvernement de ne pas accroître inutilement les réglementations et les taxes. Pour eux, il faut plutôt s’attaquer à la diminution du chômage, l’amélioration de la mobilité, la simplification de la complexité administrative et enfin, le sauvetage du système financier.

La réforme de l’Etat de nouveau à l’agenda

L’appel à une nouvelle réforme de l’Etat, qui a mené à une instabilité politique pendant les deux années qui ont suivi les élections fédérales de 2007, n’est pas ou est à peine entrée en ligne de compte lors de la campagne pour les élections régionales du 7 juin 2009.

De manière inattendue, la réforme de l’Etat se retrouve de nouveau à l’agenda du fait de la grande victoire de la N-VA et que l’ancien partenaire de cartel CD&V doit la suivre dans cette voie. En outre, les exigences de la N-VA vont plus loin que celles des partis traditionnels flamands. Cette situation engendre une triple conséquence :

  • La réforme de l’Etat (ou du moins les réunions sur la méthode de travail) fera partie du ‘package deals’ qui sera conclu dans le cadre de difficiles discussions de coalitions ; de ce fait, les formations gouvernementales prendront évidemment plus de temps
  • Un risque de voir se prolonger l’instabilité politique dont il a été fait état et que la politique belge a connu après les élections de 2007
  • Moins de temps et d’attention à accorder aux autres thèmes politiques, dont les compétences économiques qui se trouvent au niveau régional.

La ‘vague verte’ en Belgique francophone

La victoire éclatante d’Ecolo amènera plus que probablement le parti au pouvoir. En ce qui concerne les partenaires gouvernementaux potentiels, les pronostics sont encore ouverts. Le PS, de nouveau le plus grand parti en Wallonie, prône une coalition Olivier. Le MR, par contre, souhaite une coalition de centre-droit. En tant que plus grand parti à Bruxelles, le MR ne va certainement pas se laisser faire lors des négociations. Une coalition Olivier (Ecolo, cdH et PS) pourrait cependant rallier des majorités symétriques dans toute la Belgique francophone.

Une enquête réalisée par L’Echo a démontré que les patrons plébiscitent une coalition entre libéraux et écologistes. Mais la coalition MR-cdH-Ecolo rallie également un bon nombre de voix de préférence. L’arrivée d’Ecolo au pouvoir aura sans nul doute un impact sur le monde des entreprises.

C’est dans ce sens que dans son programme, Ecolo a formulé entre autres les propositions suivantes : Mesures économiques :

  • Orienter le redéploiement économique vers l’économie verte pour y créer des milliers d’emplois durables
  • Investir dans la recherche
  • Alléger les charges patronales et déduire les intérêts notionnels afin de favoriser la création réelle d’emplois
  • Élargir les secteurs soumis aux quotas d’émissions de CO₂
  • Augmenter le salaire minimum
  • Arrêter la chasse aux chômeurs
  • Donner des incentives pour tous les projets qui sont réalisés dans l’économie ‘verte’

Energie :

  • Augmenter la production d’électricité verte
  • Une tarification progressive de l’énergie
  • Fixer des normes énergétiques ambitieuses pour la construction de bâtiments

Autres :

  • Interdire la publicité à destination des enfants (-12ans)
  • Etablir un moratoire sur les grands projets autoroutiers (ring Bruxelles, Cerexhe-Heuseux,…)

Il est évident qu’Ecolo ne pourra pas réaliser toutes les actions présentées dans son programme mais la sélection ci-dessus illustre clairement la direction dans laquelle les Verts francophones veulent aller.

Beaucoup d’incertitudes en Flandre

Du côté flamand, on ne voit pas encore clairement quelle coalition ressortira de ces élections : une coalition de centre-gauche, une coalition de centre-droit ou une tripartite ‘classique’. Il est donc prématuré d’effectuer une analyse du possible programme gouvernemental et de son impact sur le monde des entreprises.

Comme indiqué par ailleurs dans ce ‘paper’, le risque est bien réel de voir le niveau de pouvoir flamand faire face à une instabilité politique croissante, et la marge budgétaire diminuer.

Whyte Corporate Affairs suit de près la formation des coalitions ainsi que les négociations gouvernementales. Whyte publiera prochainement un nouveau ‘Whyte paper’ sur les nouvelles élections régionales et les accords gouvernementaux respectifs. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez obtenir notre suivi et notre analyse concernant des secteurs spécifiques, thèmes ou dossiers politiques.

6. Points d’attention et opportunités en matière d’affaires publiques

Compte tenu des résultats des élections et de la situation politique actuelle, Whyte Corporate Affairs voit les points d’attention et opportunités suivantes en matière d’affaires publiques:

Monitoring exact des discussions de coalitions

Il va de soi que nous devons suivre de près la formation des coalitions. Ce n’est pas seulement important pour obtenir le plus rapidement possible une vue sur les résultats finaux, mais aussi pour prendre certaines initiatives au cours de la formation des gouvernements (quand les accords gouvernementaux ne sont pas encore finalisés). En outre, il est important de savoir comment et pourquoi certaines décisions sont prises en cours de législature. Cette compréhension de la politique permet de développer au fil des années une approche des affaires publiques qui soit efficace et effective.

Ne pas se fier uniquement aux médias

Ne vous limitez pas aux médias comme source d’information. Ce que vous voyez ou entendez des médias est souvent le produit de la stratégie de communication des différents partis. Une idée ou une tournure qui reçoit l’attention des médias peut être une manoeuvre de distraction pour pouvoir faire passer quelque chose d’autre.

Travailler sur les différents scénarios

Tenez compte des tournures imprévues et ne travaillez pas sur un seul scénario. Gardez toutes les pistes ouvertes et soyez préparés à pouvoir réagir rapidement. Ici aussi, une apparence de consensus sur un scénario peut être une manoeuvre de distraction pour prendre une autre direction. Essayez d’analyser les différents scénarios du point de vue des différents partis politiques. Ces dernières années, il y a eu de grosses surprises en politique belge…

Qui sont les ‘joueurs clés’ dans les coulisses? Quels sont les acteurs externes concernés?

Ne fixez pas aveuglément les ‘tenors politiques’ connus mais essayez aussi de découvrir qui sont les personnes qui se chargent du contenu des différents dossiers politiques. Il s’agit ici aussi bien de collaborateurs des différents partis que de conseillers externes. Identifiez les conseillers et les ‘abatteurs de travail’ dans chaque dossier. Ils sont souvent de meilleurs ‘points d’entrée’ ainsi que les interlocuteurs les plus intéressants sur le plan du contenu.

Les parlementaires sont demandeurs…

d’une communication ouverte et proactive de la part des entreprises. C’est ce qui ressort d’une étude menée par Whyte Corporate Affairs auprès de 60 parlementaires régionaux sortants. Les politiciens interrogés trouvaient également que de nombreuses entreprises sous-estiment ce que le politique peut leur apporter. Ils sont ouverts au lobbying sur base d’un échange d’information clair, parce que celui-ci profite au processus décisionnel politique. Il revient donc aux entreprises de prendre davantage et de meilleures initiatives de communication et de défendre plus efficacement leurs intérêts. Les parlementaires régionaux sont prêts donner une place au lobbying dans le processus décisionnel politique. Un ‘Whyte paper’ sur ‘le paradoxe autour du lobbying’ comprenant l’ensemble des résultats et une analyse de l’étude susmentionnée, est disponible sur www.whyte.be ou via info@whyte.be.

Enfin: les nouveaux venus représentent une opportunité importante

Le début d’une nouvelle législature est une chance inespérée pour les entreprises d’entamer ou de relancer le dialogue avec les décisionnaires politiques. Comme déjà indiqué, les nouveaux parlementaires seront nombreux à faire leur entrée. Ne concentrez pas seulement vos efforts en matière d’affaires publiques sur les ‘visages connus’ mais consacrez aussi du temps aux ‘nouveaux venus’ dans l’arène politique. Les nouveaux parlementaires peuvent représenter une opportunité intéressante pour plusieurs raisons :

  • Ils sont moins ‘sollicités’ par les autres acteurs, et sont donc plus accessibles et disponibles.
  • Les nouveaux venus au Parlement doivent encore souvent évoluer dans leur fonction, veulent faire leurs preuves, et cherchent des thèmes nouveaux sur lesquels ils peuvent se positionner, des propositions à l’aide desquelles ils peuvent marquer des points. Un input externe est souvent plus que bienvenu.
  • Une relation solide se construit ‘in tempore non suspecto’. En ce moment, vous avez plus à donner qu’à recevoir : vous offrez votre expertise, idées et contacts, sans demander directement de retour. C’est la meilleure base pour construire un réseau solide.
  • A terme, les parlementaires peuvent évoluer dans leur parti, avec peut-être à la clé un mandat exécutif (par exemple : un poste ministériel). Si vous établissez à temps un bon contact, vous en récolterez les fruits à (moyen) long terme.
  • En moyenne, les nouveaux parlementaires sont jeunes. Ils appartiennent à une génération qui accorde beaucoup d’importance au pragmatisme, qui pense de manière moins dogmatique, et qui est plus ouverte aux idées divergentes et à l’expertise externe.

Analysez soigneusement qui se trouve au Parlement et qui, sur base de son profil (origine régionale, affinités avec certains thèmes politiques, appartenance à des commissions,…), est bien placé pour construire une relation. Ne travaillez pas de manière trop dispersée et concentrez-vous sur un groupe cible.

Les points d’attention et opportunités susmentionnés sont de nature générale. Whyte Corporate Affairs développe des analyses, élabore des stratégies et des plans d’action ‘sur mesure’, en réponse aux besoins de ses clients. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez plus d’information ou une proposition sur nos conseils et services en matière d’Affaires Publiques.

7. À propos de Whyte Corporate Affairs

Le cabinet de conseil en communication ‘Whyte Corporate Affairs SA’ a été créé en 2008 par quatre associés qui, après plus de dix ans de collaboration dans un autre contexte, ont uni leur expérience dans une nouvelle société. Whyte est spécialisé en ‘Corporate Affairs’, un mélange de communication d’entreprise et d’affaires publiques, et dispose d’une expertise spécifique dans le domaine de la communication de crise. Whyte se distingue tant par cette spécialisation que par son indépendance.

L’équipe de Whyte compte aujourd’hui une dizaine de consultants, tous spécialistes expérimentés en communication, et possédant un sérieux bagage en communication d’entreprises et communication institutionnelle. Ils travaillent pour un important portefeuille de clients, disposent de sérieuses références dans le monde de la communication belge et ont déjà reçu plusieurs prix internationaux.

Whyte offre à ses clients (entreprises et institutions) du conseil, des stratégies et des plans d’actions en gestion de la réputation et défense d’intérêts à l’égard des médias, de l’opinion publique, du personnel, des institutions publiques et du monde politique, économique, social et académique.

Regionale & Europese verkiezingen 7 juni 2009: analyse & vooruitzichten

  • Sterk verschillende verkiezingsuitslag in Vlaanderen, Brussel en Wallonië
  • Ecolo en N-VA behalen grote overwinning
  • CD&V versterkt haar absolute leiderspositie in Vlaanderen
  • De PS houdt beter stand dan voorspeld en blijft de grootste partij in Wallonië
  • De MR blijft ver verwijderd van het verkiezingsresultaat van 2007 maar wordt de grootste partij in Brussel
  • Sterk uiteenlopende coalitiemogelijkheden leiden allicht tot langdurige regeringsvormingen
  • Nieuwe politieke evenwichten en regionale regeringsvormingen kunnen federale regering onder druk zetten; herschikking van ‘Van Rompuy I’ is niet uitgesloten
  • Belangrijke aandachtspunten voor het bedrijfsleven

1. Inleiding

De regionale verkiezingen van 2009 komen twee jaar na de federale verkiezingen van 2007, die voor een ongeziene politieke crisis en bijhorende instabiliteit zorgden. Hierdoor kregen de regionale verkiezingen een dubbele relevantie, die het regionale niveau ver overstijgt:

  • Er werd uitgekeken naar de electorale impact voor de politieke partijen van de twee voorbije, woelige jaren (veel meer dan een evaluatie van vijf jaar regeringswerk op regionaal niveau)
  • De regionale verkiezingsuitslagen zouden een impact kunnen hebben op de federale regering en het Belgische staatsbestel

De vraag was dus: welke politieke richting gaat het uit (links, rechts, …), en brengen de regionale verkiezingen wat meer politieke stabiliteit?

De verkiezingsuitslagen gaven geen eenduidig antwoord op deze vraag. Door de sterk verschillende verkiezingsuitslagen is het mogelijk dat er sterk verschillende coalities tot stand komen in de verschillende deelstaten. Bovendien dreigen afwijkende coalities ook het federale regeringsniveau opnieuw onder druk te zetten. In het Belgisch politieke systeem worden regeringen samengesteld door middel van coalities, die een meerderheid vormen en een akkoord kunnen bereiken over een regeerprogramma. Er zijn drie bepalende factoren bij het vormen van de regionale regeringen:

  • De verkiezingsuitslag, uitgedrukt in het aantal zetels per partij: welke mathematische mogelijkheden zijn er om meerderheden te vormen?
  • De respectievelijke partijprogramma’s en -ideologieën: welke partijen kunnen een inhoudelijk compromis bereiken over een gezamenlijk regeerakkoord ?
  • De onvermijdelijke link tussen de federale en de resp. regionale regeringen: klopt het globale plaatje?

De verkiezingen zijn achter de rug, maar door de combinatie van bovenstaande factoren moet het echte werk dus nog beginnen… en dat brengt veel vragen en onzekerheden met zich mee. In deze ’whyte paper’ geven we een overzicht van de belangrijkste verkiezingsuitslagen en brengen we een analyse van het nieuwe politieke landschap, de mogelijke scenario’s inzake coalitievormingen, de link tussen het regionale en federale niveau, en de impact van deze verkiezingen op de Belgische politiek en –last but not least– het bedrijfsleven. We ronden deze paper af met enkele aandachtspunten en mogelijke opportuniteiten inzake public affairs en lobbying. 

2. De verkiezingen van 2009: resultaten en trends

(1) Vlaanderen

De voormalige kartelpartners CD&V (Vlaamse Christen-Democraten) en het Vlaams-nationalistische N-VA zijn de grote winnaars van de regionale verkiezingen: CD&V haalt vlot ongeveer 22.90% (wat zich vertaald in een winst van 2 zetels) en wordt – de grootste partij in Vlaanderen. N-VA springt naar 13 %, wint 11 zetels en behoort daarmee plotsklaps tot de middelgrote partijen in Vlaanderen. Tijdens de Vlaamse verkiezingen van 2004 behaalde het kartel van CD&V en N-VA een verkiezingsoverwinning met 28.10% van de stemmen; hun gezamenlijke score stijgt dus verder met 7.9 procentpunten.

N-VA vindt zich terug tussen de traditionele partijen SP.A (Vlaamse socialisten) en Open VLD (Vlaamse liberalen), die respectievelijk gemiddeld 15.30 (goed voor 19 zetels) en 15 % (goed voor 21 zetels) van de stemmen halen. Daarmee boeken beide partijen een historisch slecht resultaat: socialisten en liberalen dienen zetels in te leveren (SP.A. verliest 3 zetels, Open VLD 4). Voor SP.A is het resultaat echter beter dan door analysten werd voorspeld en door de partijtop gevreesd. De sterke daling van Open VLD daarentegen is groter dan verwacht en is een van de verrassingen van deze verkiezingen, waardoor het verlies van de liberalen extra sterk in de verf wordt gezet. Open VLD voorzitter Bart Somers reageerde onmiddellijk door ontslag te nemen.

Het rechts-liberale Lijst Dedecker nam voor de eerste keer deel aan de regionale verkiezingen en springt meteen naar 7.60%, wat hen 8 zetels oplevert. Toch maakt Lijst Dedecker de verwachtingen (volgens de peilingen) en de eigen ambitie (namelijk 10%) niet waar. Daarmee wordt Lijst Dedecker minder ‘incontournable’ dan op voorhand gevreesd, en is regeringsdeelname allicht uitgesloten. De Vlaamse ecologisten van ‘Groen!’ blijven status quo op ongeveer 6% (7 zetels) en maken hun ambitie om 10% van de stemmen te halen niet waar. De resultaten staan in schril contrast met de eclatante verkiezingsoverwinning van Ecolo in Franstalig België. ‘Groen!’ heeft snel te kennen gegeven om opnieuw voor een oppositierol te kiezen. Ook al blijven alle scenario’s mogelijk, het lijkt weinig waarschijnlijk dat de Vlaamse groenen het risico willen nemen om mee in een regering te stappen. Enkele jaren geleden werden ze, na hun eerste regeringsdeelname, electoraal sterk afgestraft. Het extreem-rechtse Vlaams Belang, dat door het zogenaamde ‘cordon sanitaire’ in een permanente oppositierol zit, krijgt sterke klappen en zakt van 23.20% naar 15.30% (wat een verlies van 8 zetels inhoudt).

Figuur: Zetelverdeling Vlaams Parlement (‘2004’ = zetelverdeling op het einde van de legislatuur)

(2) Waals Gewest

Na de sterke tweestrijd tussen PS en MR voor het marktleiderschap in Wallonië, komen de groenen van Ecolo als grote overwinnaars uit deze verkiezingen. Ze realiseren meer dan een verdubbeling van hun aanwezigheid in de parlementen van de Franstalige Gemeenschap en het Waals Gewest. Ook al maken ze de voorspelde scores niet helemaal waar, hun overwinning is ontegensprekelijk. De groenen stijgen met 10 % en behalen nog meer stemmen (0,34 %) dan bij de historische overwinning van 1999. Ecolo wint 11 zetels in het Waals Parlement en heeft in totaal 14 zetels. De PS (Franstalige socialisten) is de grote grote verliezer van deze stembusgang, maar weet desalniettemin de schade te beperken, met een daling tussen 3 en 4 %, terwijl (afhankelijk van de regio) een terugval van zo’n 10 % werd verwacht. In het Waals Parlement verliest de PS vijf zetels (van 34 naar 29) De grote verrassing is echter dat de PS ondanks haar achteruitgang opnieuw de grootste partij in Wallonië wordt (een positie die het in 2007 verloor). De MR (Franstalige liberalen) dienen in het parlement één zetel af te staan (van 20 naar 19) en kunnen hun eigen verwachtingen dus niet inlossen. De partij strandt op ongeveer 23 % van de stemmen. Ondanks het verlies van 1 zetel in het Waalse parlement (van 14 naar 13) stabiliseert het cdH (met ongeveer 16% van de stemmen). Het extreem-rechtse FN verdwijnt zo goed als volledig van de politieke kaart in Wallonië.

Figuur: Zetelverdeling Parlement Waals Gewest

(3) Brussel

Franstalige partijen

Ook in Brussel verliezen de Waalse liberalen (MR) stemmen : in het Brusselse parlement dienen ze één zetel af te staan (van 25 naar 24). In totaal verliezen ze ongeveer 3 % van de Brusselse stemmen. Met een verlies van 5 zetels in het Brusselse parlement zakken de Waalse socialisten (PS) weg naar een tweede plaats. Daartegenover boekt Ecolo een sterke vooruitgang met 20,2 % van de stemmen, wat een stijging van ongeveer 10 procentpunten betekent en 16 zetels in het parlement.

In het Brussels Hoofdstedelijk Gewest kennen de Waalse Christen-Democraten (cdH) een lichte stijging van het aantal stemmen en wint het één zetel.

Vlaamse partijen

Net als aan Franstalige kant, zijn de liberalen de grootste Vlaamse partij in Brussel. Dit staat in sterk contrast met de verkiezingsuitslag van Open VLD in Vlaanderen.

Zowel Open VLD als CD&V kennen in het Parlement van het Brussels Hoofdstedelijk Gewest een status quo qua zetels (beide partijen behouden respectievelijk 4 en 3 zetels).

Zowel ‘Groen!’ als SP.A winnen één zetel. N-VA treedt voor het eerst op het toneel met één zetel. Deze zetelwinst gaat ten koste van Vlaams Belang, dat sterk terugvalt. Figuur: Zetelverdeling Parlement Brussels Hoofdstedelijk Gewest

(4) Europese verkiezingen

Door de regionale verkiezingen en de sterke link met de federale politiek, was er weinig Europees debat en kwam de Europese campagne niet echt uit de verf. Bovendien werken de Europese verkiezingen, in tegenstelling tot de federale of regionale verkiezingen, met één kieslijst voor het ganse taalgebied. Hierdoor worden de Europese verkiezingen vaak als ‘nationale populariteitspoll’ gebruikt voor politieke zwaargewichten.

Vlaamse partijen

Langs Vlaamse kant stonden de Europese verkiezingen vooral in het teken van de krachtmeting tussen de oud-premiers Jean-Luc Dehaene (CD&V) en Guy Verhofstadt (Open VLD). Beide voormalige regeringsleiders vermeden echter een onderlinge strijd en voerden grotendeels hetzelfde, pro-Europees discours. Guy Verhofstadt behaalde meer voorkeursstemmen dan Jean-Luc Dehaene en zorgde ervoor dat zijn partij in de Europese verkiezingen wel een goed resultaat neerzette. Zowel CD&V als Open VLD behouden hun drie zetels.

SP.A en Vlaams Belang verliezen elk één zetel (van 3 naar 2); Lijst De Decker behaalt nipt één zetel. ‘Groen!’ en N-VA blijven met één verkozene aanwezig in het Europees Parlement.

Franstalige partijen

De uitslag van de Franstalige partijen voor de Europese verkiezingen weerspiegelt in grote mate de regionale verkiezingsuitslag. Concreet dienen de Franstaligen 8 van de 22 Belgische zetels in het Europese Parlement te verdelen.

Net als op regionaal niveau, scoort Ecolo ook op Europees niveau goed: de partij wint één zetel en beschikt vanaf nu over twee zitjes in het Europees Parlement.

Zowel PS en MR hebben één zetel verloren: de PS haalt er drie, de MR eindigt op twee. Het cdH blijft status quo met één zetel.

Figuur: Zetelverdeling Belgische Europarlementsleden (‘2004’ = zetelverdeling op het einde van de legislatuur)

3. Mogelijke scenario’s voor regionale coalitievorming

Op het regionale niveau wordt geen formateur aangesteld door de Koning. In principe neemt de grootste partij het initiatief en de leiding over de onderhandelingen over de vorming van een nieuwe regering.

(1) Vlaanderen

Scenario’s voor regeringsvorming

Door de afgetekende verkiezingsoverwinning van CD&V, ligt het initiatief voor de regeringsvorming bij de christen-democraten. Ontslagnemend minister-president Kris Peeters, die ook persoonlijk een sterke score neerzette, zal de coalitiebesprekingen leiden en wordt met grote zekerheid opnieuw minister-president.

Voor de samenstelling van de nieuwe Vlaamse coalitie zijn vier scenario’s mogelijk (mathematisch en politiek realistisch):

  • In twee van de drie scenario’s wordt de tandem CD&V en N-VA hersteld, om met respectievelijk de liberalen (Open VLD) of de socialisten (SP.A) een meerderheid te vormen. Beide partijen tonen zich weinig enthousiast over een nieuwe regeringsdeelname, maar sluiten het ook niet uit.
  • In een derde scenario, waar vóór de verkiezingen veel over gespeculeerd werd, zouden de drie klassieke partijen (CD&V, Open VLD en SP.A) de samenstelling van de vorige Vlaamse regering herhalen.
  • In een vierde variant zouden de vier bovenvermelde partijen ook samen een coalitie kunnen vormen. N-VA, Open VLD en SP.A zijn in dergelijke constructie een ‘misbare partner’, wat de garantie op een stabiele regering verhoogt.

Wie komt allicht niet aan de macht? Doordat Lijst Dedecker een lager dan verwacht resultaat behaalt, wordt de partij minder ‘incontournable’ dan op voorhand gevreesd, en is regeringsdeelname allicht uitgesloten. 

‘Groen!’ heeft snel te kennen gegeven opnieuw voor een oppositierol te kiezen. Ook al blijven alle scenario’s mogelijk, het lijkt weinig waarschijnlijk dat de Vlaamse groenen het risico willen nemen om mee in een regering te stappen. Enkele jaren geleden werden ze, na hun eerste regeringsdeelname, electoraal sterk afgestraft.

Door het ‘cordon sanitaire’ blijft het Vlaams Belang uitgesloten van de macht. Het fors stemmenverlies plaatst het Vlaams Belang ook in een zwakkere positie. Een rechtse frontvorming, in samenwerking met Lijst Dedecker, is niet aan de orde wegens het lager dan verwachte resultaat van beide partijen. N-VA heeft nooit interesse getoond in samenwerking met een dergelijke ‘forza flandria’; bovendien dienen zich voor N-VA heel wat andere kansen aan, dankzij een sterke onderhandelingspositie tegenover de andere, klassieke partijen.

Waarom de coalitiegesprekken moeilijk zullen verlopen

De coalitiegesprekken kondigen zich om diverse redenen als bijzonder moeilijke onderhandelingen aan:

  • In elk van deze scenario’s zullen één of twee van de sterk verliezende partijen (SP.A en Open VLD) toch aan de regering deelnemen. Verliezende partijen vragen altijd een hoge prijs om hun regeringsdeelname te kunnen verantwoorden.
  • Ondanks haar bijzonder sterk resultaat, is het weinig waarschijnlijk dat N-VA ten allen prijze aan de regering wenst deel te nemen. De eisen van N-VA inzake een ‘optimale invulling van de Vlaamse bevoegdheden’ en een staatshervorming, zijn bijzonder complex te realiseren, in tegenspraak met de politieke agenda in Franstalig België en zal de federale regering, die ook door CD&V geleid wordt, onder sterke druk plaatsen. Er worden ook vragen gesteld bij de betrouwbaarheid van N-VA als regeringspartner, wat tot een instabiele regering zou kunnen leiden.
  • Anderzijds is het voor CD&V moeilijk om N-VA niet in een regering op te nemen. Een eerste reden is de bijzonder grote verkiezingsoverwinning van N-VA, waardoor deze partij moeilijk te negeren is. Voorts is er de bijzondere relatie met N-VA als vroegere kartelpartner: het kartel ligt nog vers in het geheugen en het zou de geloofwaardigheid van CD&V aantasten indien het niet samen met N-VA regeert.
  • Open VLD staat ideologisch allicht het dichtst bij de tandem CD&V en N-VA, maar kampt op dit ogenblik met een probleem van politiek leiderschap: partijvoorzitter Bart Somers heeft ontslag genomen en kandidaat-minister-president Dirk Van Mechelen heeft geen goed resultaat geboekt. Binnen de partij gaan stemmen op voor een oppositiekuur: de rechts-liberale concurrentie van Lijst Dedecker zal een sterke oppositie voeren tegen Open VLD en de partij zal vanuit de oppositie allicht beter kunnen herbronnen en heropbouwen.
  • Een Vlaamse regering mét SP.A, maar zonder Open VLD, betekent een dubbele afwijking ten opzichte van de federale regering, waaraan Open VLD wel en de SP.A niet deelneemt.

(2) Waals Gewest

Scenario’s voor regeringsvorming Met deze verkiezingsuitslag zijn verschillende coalities mogelijk. Enerzijds zullen de inhoud van de partijprogramma’s en de persoonlijke relaties bepalend zijn. Anderzijds kan ook de impact op de federale regering en de afstemming tussen de verschillende deelstaten een bepalende rol spelen. Het is vrij zeker dat de meerderheid in Wallonië (en de Franstalige Gemeenschap) uit drie partijen zal bestaan. De vraag is of deze meerderheid eerder naar links zal overhellen (een ‘olijfboomcoalitie’ met de PS, Ecolo en cdH) of naar rechts (een ‘Jamaicacoalitie’ bestaande uit MR, Ecolo en cdH).

In Wallonië is het initiatief dus in principe aan de PS om toekomstige regeringspartners te benaderen. Uit de eerste verklaringen blijkt dat de socialisten snel een progressieve meerderheid willen vormen, met een tandem van PS en Ecolo, eventueel aangevuld met cdH. De praktijk wijst echter op een andere realiteit. Op Gewest- en Gemeenschapsniveau hebben PS en cdH elkaar de voorbije vijf jaar leren respecteren en er zijn aanwijzingen dat er een sterke wil bestaat bij Elio Di Rupo en Joëlle Milquet om hun Waalse samenwerking verder te zetten. Ecolo en cdH hebben besloten om een gezamenlijke strategie te volgen ten opzichte van de twee grote partijen. Op deze manier ontnemen ze de PS en de MR enigszins het initiatiefrecht en de leiding over de regeringsonderhandelingen. Het zijn dan de twee kleine partijen die zullen bepalen wie de derde regeringspartner wordt: PS of MR. Hun gezamenlijke opstelling is ook een middel om te vermijden dat ze te veel in de schaduw van één van de grote partijen komen te staan. De machtsverhoudingen in de regeringsonderhandelingen zijn op die manier meer in evenwicht , aangezien ze samen beschikken over 27 zetels, tegenover 29 bij de PS en 20 bij MR.

Waarom de coalitiegesprekken moeilijk zullen verlopen Hoewel de MR bereid lijkt tot veel toegevingen om tot de Brusselse meerderheid toe te treden, lijkt het logisch dat Ecolo en cdH een olijfboomcoalitie tot stand proberen te brengen, waarbij de PS opnieuw aan de macht deelneemt. Een keuze voor een olijfboomcoalitie plaatst Ecolo echter voor een dilemma. Er zijn namelijk veel kiezers die voor Ecolo hebben gestemd vanuit de verwachting en hoop dat ze een coalitie zouden vormen met MR en cdH (Jamaicacoalitie). Ecolo heeft een sterke vooruitgang geboekt dankzij anti-PS stemmen.

De voorkeurscoalitie van Franstalige kiezers, zo bleek uit een peiling van L’Echo voor de verkiezingen, is een coalitie tussen MR en Ecolo. Of met andere woorden een Jamaicacoalitie. Alle mogelijke coalities met de PS bengelen onderaan het voorkeurslijstje van de Franstalige kiezers. De Ecolo-kiezers zouden dus weinig verheugd zijn over een coalitie met de PS. Indien een dergelijke coalitie toch tot stand komt, is het goed mogelijk dat de andere partijen van de PS eisen dat deze partij haar standpunten inzake ‘goed bestuur’ aanscherpt en sterker controleert. Anderzijds stemde een andere categorie kiezers op Ecolo om de PS af te straffen, maar in de hoop dat Ecolo toch een linkse coalitie tot stand zou brengen. Deze ambiguïteit maakt de positie van Ecolo bijzonder complex.

Om een samenwerking met de PS aanvaardbaar te maken voor de basis, zal Ecolo de socialisten moeten dwingen tot een daadwerkelijke verandering in hun wijze van besturen. Zo pleiten de ecologisten voor een totale ‘decumul’ tussen parlementaire en burgemeester-/schepenmandaten, en voor een afschaffing van de provincies. De andere partijen zitten niet op dezelfde golflengte. Ecolo zal haar eisen sterk doordrukken, maar een compromis is onvermijdelijk. Daarom zullen de onderhandelingen allicht veel tijd in beslag nemen. Na het vastleggen van een regeerakkoord, is er nog een ander belangrijk struikelblok: de verdeling van de ministerportefeuilles.

(3) Brussel

In het Brussels Hoofdstedelijk Gewest, zullen de Franstalige liberalen, die de grootste partij vormen, onderhandelingen proberen te voeren met hun kopstuk Armand De Decker als spilfiguur. Wie van de andere partijen heeft zin om mee in de boot te stappen? Ondanks haar sterke achteruitgang in Brussel, blijft de PS de grootste Franstalige partij in België. Vanuit deze positie kunnen de Franstalige socialisten proberen om een symmetrische meerderheid tot stand te brengen – meer bepaald een olijfboomcoalitie. De echte vraag is nu of het ‘progressieve’ trio (Ecolo, PS en cdH) dezelfde coalitie nog steeds wenst door te drukken, ondanks het feit dat de liberalen terug de grootste partij zijn in Brussel. Langs Vlaamse zijde is Guy Vanhengel van Open VLD de spilfiguur. Er zijn echter meer dan twee partijen nodig om tot een meerderheid te komen.

Van de formules met drie partijen, is alleen een centrum-rechtse coalitie van Open VLD, CD&V en N-VA (samen 8 zetels) mathematisch onmogelijk. De uittredende coalitie (Open VLD, SP.A en CD&V) zou kunnen worden verdergezet (11 zetels; +1). Daarnaast zijn volgende andere formules mogelijk: Open VLD/SP.A/Groen!; Open VLD/CD&V/Groen!; evenals een “Vlaamse olijfboomcoalitie” (CD&V/SP.A/Groen!). Een belangrijke factor is dat, in de Brusselse context, SP.A en Groen! een veel hechtere politieke band hebben dan in de rest van Vlaanderen.

4. Bredere impact op de federale regering en Belgische politiek

De federale verkiezingsuitslag van 2007 leidde tot belangrijke spanningen tussen Vlamingen en Franstaligen over een nieuwe hervorming van de Belgische staat. De Belgische politiek werd de voorbije twee jaar getekend door een belangrijke instabiliteit met reeds drie verschillende regeringen (noodregering-Verhofstadt III, de regering-Leterme die na enkele maanden ontslag moest nemen, en de regering-Van Rompuy die vervolgens als noodoplossing uit de bus kwam). Er werd niet alleen uitgekeken naar de electorale impact van deze politieke situatie op het regionale niveau. Ook de omgekeerde vraag stelt zich: wat is de impact van de regionale verkiezingen op het federale niveau en, bij uitbreiding, de algemene Belgische politiek?

Het belang van de Belgische ‘particratie’ en ‘package deals’

Om de politieke dynamiek goed te begrijpen, is een inzicht vereist in twee fundamentele kenmerken van de Belgische politiek:

  • Particratie. De politieke partijen zijn machtig en spelen een belangrijke rol. De partijen zijn per taalgebied georganiseerd (Vlaamse resp. Franstalige partijen die actief zijn op de diverse beleidsniveaus) en er bestaan geen overkoepelende, federale partijen (zoals in andere federale landen vaak wel het geval is). Deze partijen volgen één geïntegreerde strategie, waardoor de activiteiten en aanpak op de verschillende beleidsniveaus met elkaar in verband staan. In een klein federaal land als België, deinzen veel partijen er voor terug om een coalitierol op het ene niveau te combineren met een oppositierol op het andere niveau, wegens de onduidelijkheid die dit schept bij de kiezers. Regeringsdeelname op het ene niveau maakt het moeilijk om duidelijke oppositie te voeren op het andere niveau. Een voorbeeld: indien de MR zou uitgesloten worden van regeringsdeelname op het regionale niveau, kan dit de regeringsdeelname op het federale niveau bemoeilijken. De Vlaamse liberalen van Open VLD koppelden de ene regeringsdeelname al aan de andere.
  • Package deals. De Belgische politiek is gebaseerd op een consensusmodel, wegens de noodzaak van compromissen (i) tussen de verschillende politieke families (coalitieregeringen), (ii) tussen de verschillende taalgemeenschappen en gewesten, en (iii) tussen de politieke besluitvormers en het middenveld (‘civil society’) dat een belangrijke rol speelt. Omdat het vinden van compromissen meestal niet eenvoudig maar wel noodzakelijk is, worden verschillende dossiers vaak aan elkaar gekoppeld om zo overeenstemming te vinden over een totaal ‘package’. Hierdoor worden dossiers, beleidsterreinen en zelfs beleidsniveaus, die a priori niets met elkaar te maken hebben, vaak toch op elkaar afgestemd. Ook dit verklaart waarom de regionale coalitievorming een verregaande impact kan hebben op de federale regering

Een goed inzicht in de werking van de partijen en het belang van de zogenaamde ‘package deals’, is belangrijk om de interactie tussen verschillende dossiers en beleidsniveaus te begrijpen. Deze twee fundamentele kenmerken van de Belgische politiek verklaren de bredere relevantie en impact van deze verkiezingen.

Mogelijke druk op de federale regering

De huidige federale regering is asymmetrisch samengesteld. Aan Vlaamse en Franstalige zijde nemen zowel de christen-democraten (CD&V en cdH) als liberalen (Open VLD en MR) deel aan de coalitie; in de socialistische familie maakt alleen de franstalige PS deel uit van de regering; de Vlaamse socialisten (SP.A) zitten op federaal niveau in de oppositie.

De combinatie van (i) de huidige federale regeringssamenstelling en (ii) de regionale verkiezingsuitslagen, leidt mogelijk tot volgende problemen:

  • Als er in Wallonië wordt geregeerd door Ecolo en cdH, samen met ofwel MR ofwel PS, betekent dit dat één van beide partijen ook haar federale regeringsdeelname in vraag kan stellen.
  • Een Vlaamse coalitie van CD&V, N-VA en SP.A zonder Open VLD, staat haaks op de federale regering waarin Open VLD wel en SP-A niet vertegenwoordigd is.
  • Een regeringsdeelname van de N-VA op Vlaams niveau zal de communautaire eisen terug hoog op de agenda plaatsen, wat moeilijk ligt bij de Franstalige partijen en de federale regering dus onder druk zet. Meer nog, het dwingt ex-kartelpartner CD&V tot een bijzonder moeilijke spreidstand. Enerzijds moet CD&V, dat met eerste minister Van Rompuy de leiding heeft over de federale regering, het broze evenwicht tussen Franstaligen en Vlamingen proberen in stand te houden. Anderzijds zou CD&V, met N-VA in een Vlaamse coalitie, gedwongen worden om een ‘stoerder’ communautair standpunt in te nemen. Het wordt dan echt moeilijk voor CD&V om haar beleidsverantwoordelijkheid op het Vlaamse en federale niveau te combineren.

De volgende federale verkiezingen vinden normaal gezien plaats in 2011, maar er bestaat speculatie over een nieuwe val van de regering en vervroegde federale verkiezingen.

Druk op het politiek bestel

De komende maanden kondigen zich aan als een ultieme test voor het (relatief jonge) federale staatsbestel van België. Het politiek bestel komt onder toenmende druk door de combinatie van:

  • Belangrijke beleidsuitdagingen (als gevolg van de economische crisis)
  • Weinig budgettaire ruimte: er kondigt zich een begrotingstekort aan en er zullen moeilijke keuzes moeten gemaakt worden
  • De staatshervorming die terug op de politieke agenda staat, waarover de voorbije twee jaar geen akkoord kon worden bereikt
  • De mogelijk erg uiteenlopende coalities in de verschillende landsdelen, die een erg verschillend antwoord kunnen geven op de hoger vermelde beleidskeuzes

Primeur: politieke instabiliteit op regionaal niveau

Niet alleen de voorbije twee jaar, maar ook tijdens de vorige jaren waren de belangrijkste politieke spanningen voorbehouden voor het federale niveau, wegens het samenvallen van volgende factoren:

  • Te overbruggen taal- en culturele verschillen
  • Grootste budgettaire uitdagingen
  • Moeilijkste beleidskeuzes (bijv. Sociale Zekerheid en vergrijzing)
  • Staatshervormingen werden op federaal niveau geregeld

De Gewesten en Gemeenschappen daarentegen waren traditioneel ‘politiek meer comfortabel’ wegens:

  • Meer budgettaire beleidsruimte
  • Geen taal- of culturele verschillen
  • Minder heikele beleidsthema’s

Hierdoor werden de regionale coalities gekenmerkt door een grote stabiliteit en verregaande consensus over het beleid. Voor het eerst kondigt de legislatuur op regionaal niveau zich aan als een moeilijke periode:

  • Begrotingsproblemen en noodzaak tot besparen
  • De economische crisis en demografische evoluties die moeilijke beleidskeuzes noodzakelijk maken
  • Sterker afwijkende coalities en bijgevolg divergerende beleidskeuzes (links in Wallonië, rechts in Vlaanderen)
  • Mogelijke noodzaak om de staatshervorming in het kader van een ‘dialoog van gewesten en gemeenschappen’ te regelen
  • Nieuwe federale verkiezingen in minder dan twee jaar tijd: de campagne is reeds begonnen en alles zal in het teken staan van ‘2011’; bovendien is er de mogelijkheid dat de federale regering ten val komt en er vervroegde verkiezingen worden uitgeschreven
  • Aan Vlaamse zijde pleit N-VA voor een ‘maximale invulling van de eigen bevoegdheden’, wat aanleiding kan geven tot institutionele kwesties en bijhorende politieke spanningen

Impact op het ‘politiek personeel’ De belangrijke electorale verschuivingen hebben een niet te onderschatten impact op het ‘politiek personeel’.

Wat de parlementen betreft, moet er rekening gehouden worden met een dubbele trend:

  • Met de winnende, kleinere partijen (zoals Ecolo, N-VA en Lijst Dedecker) komt plots een grote groep nieuwkomers in het parlement. Dit zorgt voor minder ervaring en continuïteit, maar mogelijk ook voor een grotere kans op verandering. Deze partijen staan voor de belangrijke uitdaging om hun overwinning de komende jaren ook waar te maken en een electorale afstraffing te vermijden.
  • Bij de verliezende, traditionele partijen (zoals Open VLD of PS) zijn het vooral de traditionele kopstukken, die bovenaan de lijst stonden, die terugkeren in het parlement. De nieuwe generatie komt minder aan bod, wat op termijn tot opvolgingsproblemen en verdere electorale verzwakking zou kunnen leiden bij deze klassieke ‘beleidspartijen’

Wat de regering betreft, moet rekening gehouden worden met volgende elementen:

  • De winnende, kleinere partijen beschikken over minder beleidservaring en het is zeer de vraag wie welke ministerportefeuille aankan.
  • De winnende partijen beschikken niet over een ‘pool’ van goed gevormde medewerkers waardoor problemen kunnen ontstaan bij het invullen van de ministeriële kabinetten, die een bijzonder belangrijke rol vervullen in de beleidsvoorbereiding en de politieke besluitvorming. De traditionele partijen beschikken hier over een belangrijk ‘concurrentieel voordeel’ waardoor hun regeringswerk beter uit de verf kan komen. Er wordt reeds lang gepleit voor een afbouw (of zelfs afschaffing) van de ministeriële kabinetten, maar dit lijkt nog niet voor morgen te zijn.

Divergerende publieke opinies

Tot slot is het belangrijk om in te zien dat de relevantie van deze verkiezingsuitslag verder reikt dan de politieke arena zelf. De sterk uiteenlopende verkiezingsuitslagen in Vlaanderen en Franstalig België illustreren hoe de respectievelijke publieke opinies steeds verder uit elkaar groeien. Dit speelt politiek een rol, maar heeft ook een bredere maatschappelijke impact. Indien de verkiezingsuitslag zich weerspiegelt in sterk uiteenlopende coalities, dreigt bovendien een sterk verschillende ‘publieke agenda’ tot stand te komen, waardoor het uiteengroeien van de publieke opinies nog wordt versterkt.

5. Impact op het bedrijfsleven

Eerste reacties van de werkgeversorganisaties

Een peiling uitgevoerd door iVox en L’Echo tussen 2 en 4 juni bij 250 Franstalige ondernemers toonde aan dat 13 % van hen een coalitie MR-cdH-Ecolo verkiest, 15 % van de ondernemers verkiest de tandem MR-cdH. De tandem MR-Ecolo wordt door 27 % van de ondervraagde ondernemers aangeduid als de meest gewenste coalitie. Een gelijkaardige peiling aan Vlaamse kant bestaat jammer genoeg niet.

Het VBO is tevreden met de sterke overwinning van Ecolo, aangezien het VBO de voorbije maanden in een groene richting evolueerde. Tegenover Groen! staat de werkgeversorganisatie echter kritisch. In een artikel met L’Echo stelt Rudi Thomaes dat veel van de voorgestelde maatregelen van Groen! niet meteen realiseerbaar zijn. Zowel Vlaamse als ondernemers geven aan dat ze verwachten dat de volgende regionale regeringen snel krachtige maatregelen onderneemt om de toekomstige economie te stimuleren. Maar net zoals bij de uitslag van de verkiezingen, liggen ook hier de klemtonen op verschillende onderwerpen.

Waalse ondernemers vragen aan de nieuwe regering dat ze werk zullen maken van het Marshall Plan, daar waar Vlaamse ondernemers vragende partij zijn voor de implementatie van concrete projecten en maatregelen in alle economische sectoren. In een interview met L’Echo op 9 juni 2009 gaf Eric Domb (UWE) aan dat voor hem vooral de nadruk dient te liggen op onderwijs en het Marshall Plan. “Het onderwijs was voor elke partij één van de eerste prioriteiten in hun kiesprogramma, wat mij enorm verheugd”.

Met betrekking tot het Marshall Plan vragen de Waalse ondernemers dat de successen uit het verleden niet overboord gegooid worden, maar dat de regering meer werkt maakt van een verdere realisatie van het Marshall plan. Ook Luc Debruyckere (VOKA) gaf in een interview met L’Echo aan dat hij verheugd is dat “Vlaanderen bij het stemmen ook de economische belangen in het achterhoofd gehouden heeft”. Volgens Debruyckere is het in Vlaanderen wel tijd dat men de ontwikkeling van economische plannen, zoals het Waalse Marshall Plan, nu eindelijk omzet in concrete acties en daden. Debruyckere wijst erop dat het belangrijk is dat alle spelers hierin betrokken worden, dus ook de ondernemers, politici, vakbonden en het onderwijs.

Tot slot vragen Vlaamse ondernemers dat de komende regering de wetgeving en belastingen niet onnodig zal verhogen. Er dient volgens hen eerder werk gemaakt te worden van het verlagen van de werkloosheid, het verbeteren van de mobiliteit, het vereenvoudigen van de complexe administratie en tot slot het redden van het financiële systeem.

Staatshervorming opnieuw op de agenda

De roep om een nieuwe staatshervorming, die na de federale verkiezingen van 2007 voor twee jaar politieke instabiliteit zorgde, kwam niet of nauwelijks aan bod tijdens de campagne voor de regionale verkiezingen van 7 juni 2009. Onverwacht staat de staatshervorming, door de grote overwinning van N-VA en door het feit dat de voormalige kartelpartner CD&V in haar zog moet volgen, weer bovenaan de politieke agenda. Bovendien gaan de eisen van N-VA verder dan die van de Vlaamse traditionele partijen. Dit heeft een driedubbele consequentie:

  • De staatshervorming (of minstens afspraken over werkwijze, …) zal onderdeel uitmaken van de ‘package deals’ die in het kader van moeilijke coalitiebesprekingen worden afgesloten; hierdoor zullen de regeringsvormingen allicht ook extra tijd in beslag nemen
  • Risico op verderzetting van de eerder vermelde politieke instabiliteit die de Belgische politiek kende na de verkiezingen van 2007
  • Minder tijd en aandacht voor andere beleidsthema’s waaronder de economische bevoegdheden die zich op het regionale niveau situeren

De ‘groene golf’ in Franstalig België

De eclatante overwinning van Ecolo zorgt er zo goed als zeker voor dat deze partij aan de macht komt in Wallonië. Wat de mogelijke regeringspartners betreft, daar dienen de kaarten nog getrokken te worden. De PS, opnieuw de grootste partij in Wallonië, is voorstander van een olijfboomcoalitie. De MR daarentegen droomt eerder een centrum-rechtse coalitie. En als grootste Brusselse partij zal ze zich zeker en vast niet laten doen tijdens de onderhandelingen. Een olijfboomcoalitie (Ecolo, cdH en PS) zou echter wel voor een symmetrische meerderheid in Franstalig België kunnen zorgen. Een enquête uitgevoerd door L’Echo toonde aan dat werkgevers met grote meerderheid de tandem liberaal-groen verkiezen. Maar ook de de coalitie MR-cdH-Ecolo krijgt heel wat voorkeurstemmen.

De machtsgreep van Ecolo zal zonder twijfel een impact hebben op het bedrijfsleven. Zo formuleerden zij in hun programma ondermeer onderstaande voorstellen: Economische maatregelen:

  • Een verdere ontwikkeling van een groene economie, die duizenden duurzame jobs zal creëren
  • Meer investeren in onderzoek
  • Verlaging van werkgeversbijdragen en notionele intrestaftrek zodat reële jobs gecreëerd kunnen worden
  • Het aantal sectoren dat onderworpen is aan CO2-uitstoot quota’s vergroten
  • Het minimuminkomen verhogen
  • De jacht op werklozen stopzetten
  • Invoeren van incentives voor bedrijven die hun productie in een groene sector laten plaatsvinden

Energie:

  • De productie van groene elektriciteit verhogen
  • Een progressieve energietarifering
  • Ambitieuze energienormen opleggen voor de constructie van gebouwen

Andere:

  • Reclame die als doelgroep kinderen onder de 12 jaar heeft verbieden
  • Een opschorting van grote wegenprojecten (Brusselse ring, Cerexhe-Heuseux, …)

Het spreekt voor zich dat Ecolo niet al haar programmapunten zal kunnen realiseren, maar bovenstaande selectie maakt duidelijk welke richting de Franstalige groenen uit willen.

Onduidelijkheid troef in Vlaanderen

Aan Vlaamse zijde is het nog bijzonder onduidelijk welke coalitie tot stand zal komen: een centrum-linkse coalitie, een centrum-rechtse coalitie, een ‘klassieke tripartite’ of een brede coalitie met vier partijen. Een analyse van het mogelijke regeerprogramma en de impact ervan op het bedrijfsleven is dus voorbarig. Zoals eerder in deze paper toegelicht, is het risico reëel dat het Vlaamse beleidsniveau ook met een toenemende politieke instabiliteit te kampen krijgt en dat er minder budgettaire ruimte zal zijn.

Whyte Corporate Affairs volgt de coalitievorming en regeringsonderhandelingen van nabij op. Whyte zal een nieuwe ‘whyte paper’ publiceren over de nieuwe regionale regeringen en de respectievelijke regeerakkoorden. Aarzel niet ons te contacteren indien u onze opvolging of analyse wenst met betrekking tot specifieke sectoren, beleidsthema’s of dossiers. 

6. Aandachtspunten en opportuniteiten inzake ‘public affairs’

Gegeven de verkiezingsuitslag en de huidige politieke situatie, ziet Whyte Corporate Affairs volgende aandachtspunten en opportuniteiten inzake ‘public affairs’: Nauwgezette monitoring van de coalitiebesprekingen

Het spreekt voor zich dat men de coalitievorming van nabij moet opvolgen. Dit is niet alleen belangrijk om zo snel mogelijk een zicht te krijgen op het eindresultaat, maar ook om in de loop van de regeringsvorming (als het regeerakkoord nog niet gefinaliseerd is) bepaalde initiatieven te nemen.

Bovendien is het, in de loop van de legislatuur, belangrijk om te weten hoe en waarom bepaalde beslissingen tot stand kwamen. Dit politiek inzicht maakt een efficiëntere en effectievere public affairs-aanpak mogelijk in de loop van de komende jaren. Ga niet alleen af op de media Beperkt u niet tot de media als informatiebron. Wat u via de media ziet of hoort, is vaak het product van de communicatiestrategie van de verschillende partijen. Een idee of wending die prominente media-aandacht krijgt, kan een afleidingsmaneuver zijn om iets anders te kunnen doordrukken. Werk op verschillende scenario’s Hou rekening met onverwachte wendingen en werk nooit op één scenario.

Hou alle pistes open en wees voorbereid om kort op de bal te kunnen spelen. Ook hier geldt dat een schijnbare consensus over het ene scenario, een afleidingsmaneuver kan zijn om een andere richting uit te slaan. Probeer de verschillende scenario’s te analyseren vanuit het standpunt van de verschillende politieke partijen. De afgelopen jaren zijn er al heel wat grote verrassingen geweest in de Belgische politiek… 

Wie zijn de ‘key players’ achter de schermen? Welke externe actoren worden betrokken? Staar u niet blind op de bekende ‘politieke tenoren’ maar probeer ook uit te vinden wie voor de inhoudelijke invulling van de verschillende beleidsdossiers zorgt. Het gaat hierbij zowel om medewerkers van de verschillende partijen, als om externe adviseurs. Identificeer de adviseurs en ‘werkpaarden’ in elk dossier. Zij zijn vaak de beste ‘entry point’ en zijn, inhoudelijk gezien, vaak de interessantste gesprekspartners. Parlementsleden zijn vragende partij…

…voor een open en proactieve communicatie vanwege ondernemingen. Dit bleek uit een bevraging van Whyte Corporate Affairs bij 60 uittredende regionale parlementsleden. De bevraagde politici vonden ook dat veel ondernemingen onderschatten wat de politiek voor hen kan betekenen. Ze staan open voor lobbying op basis van duidelijke informatie-uitwisseling, omdat dit de politieke besluitvorming ten goede komt. De bal ligt dus in het kamp van de ondernemingen om meer en betere communicatie-initiatieven te nemen en hun belangen efficiënter te behartigen. De regionale parlementsleden staan ervoor open om dit een plaats te geven in de politieke besluitvorming. Een ‘whyte paper’ over ‘de paradox rond lobbying’, met de volledige resultaten en analyse van hogervermelde bevraging, is beschikbaar op www.whyte.be of via info@whyte.be.

Tot slot: nieuwkomers zijn belangrijke opportuniteit

Het begin van een nieuwe legislatuur is voor ondernemingen een uitgelezen kans om de dialoog met de politieke besluitvormers op te starten of nieuw leven in te blazen. Zoals eerder aangehaald, treden er heel wat nieuwe parlementsleden aan.

Focus uw Public Affairs inspanningen niet alleen op de ‘bekende gezichten’ of ‘vaste waarden’ maar investeer ook tijd in de ‘nieuwkomers’ in de politieke arena. Nieuwe parlementsleden kunnen om meerdere redenen een belangrijke opportuniteit vormen:

  • Ze worden minder ‘gesolliciteerd’ door andere actoren, en zijn dus meer toegankelijk en beter beschikbaar.
  • Nieuwkomers in het parlement moeten vaak nog groeien in hun functie, willen zichzelf bewijzen en zoeken thema’s waarop ze zich kunnen positioneren, voorstellen waarmee ze kunnen scoren. Externe input is daarbij vaak meer dan welkom.
  • Een sterke relatie bouw je op ‘in tempore non suspecto’. Op dit ogenblik hebt u meer te geven dan te nemen: u biedt uw expertise, ideeën en contacten aan, zonder een onmiddellijke return te vragen. Dit is de beste basis voor een hecht netwerk.
  • Parlementsleden kunnen op termijn doorgroeien in hun partij, met mogelijk een uitvoerend mandaat (bijv. Ministerpost). Indien u tijdig een goed contact opbouwt, plukt u hier op (middel-)lange termijn de vruchten van.
  • De nieuwe parlementsleden hebben, gemiddeld, een jongere leeftijd. Ze zijn van een generatie die pragmatisme hoog in het vaandel voert, minder dogmatisch denkt, en meer open staat voor afwijkende ideeën en externe expertise

Analyseer dus zorgvuldig wie er in het parlement zit en wie, op basis van zijn of haar profiel (regionale afkomst, affiniteiten met bepaalde beleidsthema’s, lidmaatschap commissies, …) goed geplaatst is om een relatie mee op te bouwen. Werk niet te disparaat en focus u op een kerngroep.

Bovenstaande aandachtspunten en opportuniteiten zijn algemeen van aard. Whyte Corporate Affairs werkt analyses, strategiën en actieplannen uit ‘op maat’ van haar klanten. Aarzel niet ons te contacteren indien u meer informatie of een voorstel wenst met betrekking tot onze advies- en dienstverlening inzake Public Affairs.

7. Over Whyte Corporate Affairs

Het communicatieadviesbureau ‘Whyte Corporate Affairs NV’ werd in 2008 opgericht door vier partners die, na meer dan tien jaar samenwerking in een andere context, hun ervaring bundelden in een nieuwe onderneming. Whyte focust zich op ‘Corporate Affairs’, een mix van bedrijfscommunicatie en public affairs, en beschikt over een specifieke expertise in het terrein van crisiscommunicatie.

Whyte onderscheidt zich door deze duidelijke focus en specialisatie evenals door haar onafhankelijkheid. Het team van Whyte telt vandaag een tiental consultants, allen ervaren communicatie-experts, met een sterke achtergrond in bedrijfs- en institutionele communicatie. Ze werken op een belangrijke klantenportefeuille, beschikken over sterke referenties in de Belgische communicatiewereld en ontvingen reeds verscheidene internationale awards.

Whyte biedt aan zijn klanten (bedrijven en instellingen) advies, strategieën en actieplannen aan met betrekking tot reputatiemanagement en belangenbehartiging ten opzichte van de media, publieke opinie, personeel, publieke instellingen en de politieke, economische, sociale en academische wereld. Voor meer informatie, zie www.whyte.be

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